vendredi 12 août 2016

Japon redémarre un réacteur nucléaire arrêté depuis plus de cinq ans


Un réacteur nucléaire arrêté depuis plus de cinq ans doit redémarrer au Japon, vendredi 12 août. "L'unité 3 d'Ikata (...) devrait commencer à générer du courant à partir de lundi 15", a expliqué la compagnie Shikoku Electric Power. L'exploitation de ce courant sur le réseau commercial ne débutera cependant qu'en septembre après d'ultimes contrôles.

Après l'accident de Fukushima, en mars 2011, le parc de réacteurs a été ramené de 54 à 42 unités. Mais à l'heure actuelle, seuls les réacteurs Sendai 1 et 2 fonctionnent. Le pays compense par l'exploitation de centrales thermiques et une petite augmentation de la part de l'électricité issue des énergies renouvelables. Les particuliers et entreprises essaient en outre d'utiliser des éclairages et équipements moins énergivores.

Colère des écologistes

Le redémarrage du réacteur d'Ikata suscite la colère des écologistes, qui estiment que les leçons de la catastrophe de Fukushima n'ont pas été tirées. La justice leur a en partie donné raison en ordonnant l'arrêt de deux unités (Takahama 3 et 4), qui avaient été réactivées en début d'année. En marge de cette annonce, des résidents se sont réunis pour scander des slogans hostiles au redémarrage du réacteur nucléaire.


dimanche 5 juin 2016

Fuite de 750 litres de cobalt 60 au Japon


Vendredi 03 juin 2016  
- ATS

Un incident a eu lieu dans une centrale nucléaire située au nord-est de Tokyo.

UNE FUITE DE LIQUIDE RADIOACTIF A éTé DéCOUVERTE JEUDI à L'INTéRIEUR DES Bâtiments de la centrale nucléaire Tokai numéro 2, au nord-est de Tokyo, a annoncé l'opérateur du site. L'entreprise affirme que rien ne s'est échappé à l'extérieur.

La quantité de liquide, retrouvé dans le sous-sol du bâtiment de traitement des déchets radioactifs de la centrale, ainsi qu'à un niveau supérieur dans la pièce des équipements des valves d'une citerne, est évaluée à 750 litres, a précisé Japan Atomic Power Company (JAPC). Le liquide contient notamment du cobalt 60, un isotope radioactif.

La mesure de la radioactivité a montré un niveau de 1700 becquerels par centimètre carré, soit environ 40 fois la limite pour le liquide se trouvant en ce lieu. Cela a obligé la compagnie à restreindre l'accès au lieu et à communiquer sur l'incident. Aucun travailleur n'a été affecté, selon l'opérateur des installations.

Réacteur à l'arrêt

La centrale Tokai numéro 2, située dans la préfecture d'Ibaraki, à quelque 150 km au nord-est de Tokyo, est à l'arrêt depuis mai 2011, originellement pour une maintenance régulière d'une durée habituelle de trois mois.

Elle n'a toutefois pas pu redémarrer depuis lors, en raison de l'imposition de nouvelles normes plus sévères vis-à-vis des catastrophes naturelles et autres risques, après le désastre de Fukushima en mars 2011.

L'entrée en vigueur de ces standards durcis oblige à de nouveaux examens de sûreté par l'autorité de régulation du secteur. Sans le certificat de conformité technique délivré par cette instance, aucun réacteur ne peut repartir.

Actuellement, sur les 42 unités restantes dans l'archipel, seules deux fonctionnent, Sendai 1 et 2. Il y avait 54 réacteurs avant le drame de Fukushima. Mais les six du site accidenté de Fukushima Daiichi sont condamnés et le démantèlement de six autres a été décidé.

 
Le Courrier

vendredi 15 avril 2016

Deux réacteurs nucléaires – les deux seuls en service au Japon

Plusieurs tremblements de terre de magnitude allant jusqu’à 6,5 ont fait au moins neuf morts et de nombreux dégâts dans la nuit de jeudi à vendredi 15 avril dans le sud-ouest du Japon. Une localité où se trouvent plusieurs réacteurs nucléaires, indemnes selon les opérateurs.

Une centaine d’autres personnes ont été blessées dans la préfecture de Kumamoto et ailleurs sur l’île de Kyushu, selon la chaîne NHK et l’agence de presse Jiji. « Nous avons aussi des informations selon lesquelles des personnes sont sous des décombres », a ajouté un fonctionnaire de la préfecture de Kumamoto. Le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, a annoncé que 350 militaires étaient envoyés sur les lieux pour participer aux secours.

Deux réacteurs nucléaires – les deux seuls en service au Japon – se trouvent dans les territoires affectés, mais la compagnie d’électricité de la région, Kyushu Electric Power, a assuré qu’aucune anomalie n’avait été relevée. « Nous vérifions si le tremblement de terre a eu un impact sur notre centrale, mais elle fonctionne pour le moment normalement », a dit un responsable de la centrale.

DE NOMBREUSES SECOUSSES

Le premier séisme est survenu à 21 h 26 (14 h 26, heure de Paris). Il a été suivi d’un très grand nombre de secousses secondaires, dont une de magnitude 5,7 à 22 h 7. Une autre de 6,4 est survenue peu après minuit (17 heures, heure de Paris) puis encore de magnitude 4,8 à 1 h 53 (18 h 53, heure de Paris), a précisé l’agence de météorologie japonaise. L’épicentre de toutes ces secousses était situé dans la préfecture de Kumamoto.


Des répliques devraient se produire pendant une semaine, a averti l’agence de météorologie, tandis que le porte-parole du gouvernement appelait les habitants de la région à « agir avec calme et à s’entraider ». Le système d’avertissement précoce par smartphones et médias a permis à plusieurs reprises de prévenir les habitants quelques secondes avant qu’ils ne soient secoués.

samedi 12 mars 2016

Les rejets radioactifs continuent

L’accident de mars 2011 à la centrale de Fukushima daï-ichi a entraîné de forts rejets radioactifs dans l’atmosphère et dans l’Océan pacifique. La quantité rejetée dépend de la méthode d’évaluation. Les rejets atmosphériques, qui ont duré plus d’une dizaine de jours, sont estimés à environ 10% de ceux de la catastrophe de Tchernobyl [Steinhauser2014]. Ils sont responsables de la contamination d’un vaste territoire pour des décennies et ont entraîné le déplacement d’environ 160 000 personnes [NAIIC2012, IOM2015]. Quant aux rejets dans l’océan, ce sont les plus forts jamais enregistrés. Mais la pollution radioactive a rapidement été diluée grâce aux courants marins Kuroshio et Oyashio. Des traces de césium radioactif en provenance du Japon ont été détectées dans l’eau de mer près de la côte de l’Amérique du Nord [WHOI2015]. En revanche, les sédiments marins ont accumulé une grande quantité de césium radioactif le long des côtes japonaises et la pêche est toujours interdite pour de nombreuses espèces marines.

Les rejets continuent à moindre échelle et la Tokyo Electric Power Company (TEPCo) a tenté de cacher cette information. Il lui a fallu des mois pour reconnaître certaines négligences qui ont provoqué des scandales.

Par ailleurs, TEPCo a accumulé une grande quantité d’eau contaminée dans des cuves sur le site de la centrale. Elle contient essentiellement du tritium qui n’est pas filtré par le système de traitement. Une des solutions envisagées est de rejeter cette eau dans l’océan bien que cela ne soit pas possible pour le moment.

Cinq années après le déclenchement de la catastrophe de Fukushima, TEPCo en est encore à tenter de colmater les fuites et limiter les relâchements. Alors que les habitants des environs ont été évacués durant les premiers mois de l’accident, quand les rejets étaient à leur maximum, TEPCo doit encore stabiliser les réacteurs et de nombreuses personnes craignent que de forts rejets reprennent en cas de nouvelle catastrophe naturelle. Est-ce raisonnable de rentrer une fois l’ordre d’évacuation levé ?Des pratiques peu précautionneuses ont conduit à des rejets radioactifs dans l’atmosphère qui sont venus s’ajouter aux retombées de l’accident. L’eau contaminée à la centrale est devenue le cauchemar de TEPCo. Les efforts pour réduire les fuites en mer ont conduit à l’accumulation d’énormes quantités d’eau contaminée dans des cuves sans solution en vue. Il a fallu des mois à TEPCo et aux autorités pour reconnaître les problèmes qui ont d’abord été révélés par des chercheurs faisant des mesures aux alentours de la centrale de FDI. 

TEPCo doit encore stabiliser les réacteurs accidentés et sa priorité est toujours de réduire la menace qu’ils constituent. Le démantèlement à proprement dit n’a pas encore commencé.

Alors que les communautés autour de la centrale ont été évacuées à cause de la pollution à long terme de l’environnement, beaucoup craignent que des rejets importants puissent reprendre en cas de nouvelle catastrophe naturelle. Les réacteurs accidentés sont plus fragiles que des réacteurs ordinaires et leur enceinte de confinement est percée. Ils pourraient ne pas pouvoir faire face à un nouveau séisme ou un tsunami, entraînant ainsi un nouveau rejet massif de radioéléments. 

jeudi 25 février 2016

Tepco, a avoué mercredi avoir minimisé la gravité de la situation

Cinq ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, l'opérateur de la centrale, Tepco, a avoué mercredi avoir minimisé la gravité de la situation.

Il n'a notamment pas reconnu aussi rapidement que possible le fait que trois réacteurs étaient en fusion.

«Nous nous excusons profondément pour avoir affirmé par erreur que rien ne permettait de déterminer qu'une fusion du coeur de réacteur était en cours», a déclaré Tokyo Electric Power (Tepco). Il a fallu en effet attendre deux mois, jusqu'en mai 2011, pour que l'exploitant emploie le mot fusion.

Expression effrayante

Tepco a évité durant des semaines d'employer l'expression effrayante «fusion du coeur» de réacteur. Pourtant, la compagnie disposait des informations qui permettaient de déterminer qu'un tel processus était en cours dans les tout premiers jours suivant le 11 mars, quand la centrale a été dévastée par le tsunami provoqué par un violent séisme de magnitude 9.

Les installations ont été un temps submergées, l'électricité coupée, les systèmes de refroidissement du combustible nucléaire totalement arrêtés et la situation est devenue vite impossible à maîtriser. Les coeurs de trois des six réacteurs de Fukushima Daiichi ont fondu.

Informations mises en doute

Dans ses manuels d'exploitation, il était écrit «si l'endommagement d'un coeur de réacteur dépasse 5%, on peut en déduire que la fusion du coeur est en cours», mais ces critères n'ont pas été appliqués sur le moment, alors même que la dégradation du combustible avait été évaluée et dépassait ce niveau dans plusieurs unités, a admis Tepco.

«Nous avons aussi analysé les autres informations transmises immédiatement après l'accident et il s'avère que nous aurions pu communiquer plus tôt sur divers points», a aussi écrit Tepco lors d'un rare mea culpa.

Nombre d'experts s'étaient, dès le départ, inquiétés de la nature des informations données par Tepco et les autorités, soupçonnés de volontairement faire de la rétention de données afin de ne pas entraîner un mouvement de panique.

Il a fallu plus de trois mois avant de reprendre le contrôle du site et six de plus avant de décréter la situation stabilisée. Depuis, des milliers de travailleurs s'escriment chaque jour dans cette centrale pour en préparer le démantèlement prévu pour durer une quarantaine d'années.

vendredi 4 décembre 2015

166,000 tons

Fukushima Prefecture signaled Dec. 2 it will host the final disposal site for highly radioactive waste produced by the 2011 nuclear disaster, with Governor Masao Uchibori expected to relay his decision to the Environment Ministry this week.

The central government’s plan calls for the Fukushima Ecotech Clean Center, a privately run disposal facility in Tomioka near the crippled Fukushima No. 1 nuclear power plant, to be nationalized. The center will then accept about 650,000 cubic meters of garbage, including “designated waste.”

Designated waste refers to contaminated refuse such as rice straw, sewage sludge and incinerated ash of household garbage that contain more than 8,000 becquerels per kilogram of radioactivity.

With 138,000 tons of such garbage, Fukushima Prefecture accounts for more than 80 percent of the estimated national total of 166,000 tons.

lundi 30 novembre 2015

Russia offers to help Japan shut down Fukushima reactors

Russia’s state nuclear energy company Rosatom is ready to help Japan shut down the reactors at the Fukushima nuclear power plant. A huge earthquake and a resulting tsunami hit the plant in March 2011, causing three nuclear meltdowns and a massive radiation leak. 

Japan has been struggling in its cleanup effort in the aftermath of the nuclear accident. As of March 2015, about 600,000 tons of contaminated water was contained within tanks at the site, with the cleanup estimated to take up to 40 years.

samedi 5 septembre 2015

levé d'un ordre d’évacuation touchant la municipalité de Naraha

Le gouvernement japonais a levé un ordre d’évacuation touchant la municipalité de Naraha, près de la centrale nucléaire endommagée Fukushima Dai-ichi.

Cette mesure a pris effet vendredi à minuit. Pratiquement toute la zone est située à 20 kilomètres de la centrale dans la préfecture de Fukushima et ses habitants ont été soumis à l’ordre d’évacuation en mars 2011.

Le gouvernement explique que les opérations de décontamination sont terminées dans la zone en question. Des responsables précisent que l’environnement dans la municipalité est presque prêt pour le retour des résidents.

C’est la troisième fois qu’un ordre d’évacuation est levé depuis l’accident nucléaire.

Cette décision permettra aux quelque 7300 habitants de rentrer chez eux et de reprendre leur travail et leurs activités commerciales.

Un ordre d’évacuation est toujours en place pour quelque 70 000 habitants de neuf municipalités entourant la centrale Dai-ichi.

Le gouvernement envisage de lever l’ordre d’évacuation pour les municipalités restantes une fois que les travaux de décontamination seront terminés et que les services pour soutenir la population seront en place.

mercredi 26 août 2015

Rejet de l’eau décontaminée de Fukushima

Des pêcheurs de Fukushima, au nord du Japon, autorisent le rejet de l’eau décontaminée de la centrale nucléaire endommagée Fukushima Dai-ichi dans la mer.

300 tonnes d’eau contaminée sont produites quotidiennement à la centrale, alors que l’eau souterraine afflue vers les bâtiments du réacteur endommagé.

La Compagnie d’électricité de Tokyo, Tepco, et le gouvernement envisagent de pomper l’eau souterraine contaminée provenant de puits près des bâtiments des réacteurs, de la décontaminer, et de la déverser dans l’océan. Ils ont demandé aux pêcheurs locaux d’accepter le projet.

Les coopératives de pêche de la préfecture de Fukushima ont accepté le projet mardi.

Les responsables de la fédération disent avoir reçu l’assurance que les substances radioactives dans l’eau qui sera déversée seront sous surveillance stricte, et que les pêcheurs seront dédommagés en cas de rumeurs nuisibles.

jeudi 30 juillet 2015

Retrait de débris réacteur n°3

Les techniciens de la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi, au Japon, entameront dimanche le retrait d’un échangeur de combustible dans le bâtiment du réacteur numéro 3. Cet appareil de 20 tonnes était tombé dans la piscine de combustible lors de la catastrophe survenue en 2011.

Il constituait depuis un obstacle pour les techniciens de la Compagnie d’électricité de Tokyo, notamment lorsqu’ils ont commencé à retirer des débris hautement radioactifs qui se trouvaient dans la piscine de stockage. 556 barres de combustible sont encore présentes dans la piscine de combustible usagé.

La forte radioactivité du site empêche les techniciens d’y opérer directement. Les travaux vont nécessiter deux grues activées à distance qui vont soulever et retirer l’appareil qui mesure environ 14 mètres de long.

L’opération relève du défi dans la mesure où l’échangeur pourrait endommager le combustible usagé s’il retombe dans la piscine durant le retrait.

En août 2014, un appareil de 400 kilos était en effet tombé dans la piscine. Si aucune barre de combustible n’avait alors souffert de la chute, le retrait avait dû être retardé de quatre mois.



samedi 18 juillet 2015

centrale nucléaire Shika, dans la préfecture d’Ishikawa

Une commission d’experts a rédigé un rapport concernant la présence d’une faille dans le sol d’un bâtiment abritant un réacteur nucléaire, dans le centre de l’Archipel. Elle pourrait justifier son démantèlement.

Le rapport a été présenté vendredi lors d’une réunion de l’Autorité de régulation du nucléaire.

La faille S-1 se trouve sous le réacteur numéro un de la centrale nucléaire Shika, dans la préfecture d’Ishikawa, dont l’opérateur est la Compagnie d’électricité du Hokuriku.

Selon le rapport, rien ne prouve que la faille soit active ou non. Il observe toutefois qu’une strate aurait pu se déplacer dans une partie orientée au nord-ouest, durant le Pléistocène, une période géologique vieille de 120 000 à 130 000 ans. Au Japon, les nouveaux critères de régulation interdisent la construction de bâtiments abritant des réacteurs ou autres installations nucléaires au-dessus de failles qui auraient été actives durant ou après cette période.

Le rapport stipule par ailleurs que la faille en question pourrait être à nouveau active.

Le texte rédigé doit être officialisé, en fonction de conclusions d’autres experts et de l’autorité de régulation.



mardi 16 juin 2015

Démantèlement de la centrale Fukushima Dai-ichi

Le gouvernement japonais et la Compagnie d’électricité de Tokyo ont révisé ce vendredi pour la première fois depuis deux ans leur feuille de route pour le démantèlement de la centrale nucléaire accidentée Fukushima Dai-ichi. Selon ce plan remis à jour, jusqu’à trois années supplémentaires seront nécessaires pour retirer les barres de combustible usagées des piscines de refroidissement, mais les objectifs initiaux sont maintenus à six ans pour commencer à nettoyer le combustible nucléaire qui a fondu et pour terminer le démantèlement en 30 ou 40 ans. Pour notre commentaire du jour, le commentateur vétéran de la NHK Noriyuki Mizuno nous donne des détails sur le démantèlement de la centrale Fukushima Dai-ichi. 

Noriyuki Mizuno : 
Le retrait du combustible fondu est la tâche la plus complexe lors du démantèlement de la centrale. A l’origine, les experts prévoyaient de remplir les enceintes de confinement du réacteur avec de l’eau avant de procéder au retrait du combustible. Mais ils estiment désormais nécessaire d’étudier d’autres approches qui ne font pas usage d’eau car le colmatage des fuites dans les enceintes pourrait se révéler très complexe. Je les félicite pour avoir admis les limites de leur approche originelle et leur volonté de trouver une nouvelle méthode. Mais il est bien trop optimiste de maintenir les objectifs du calendrier du processus de retrait du combustible et du démantèlement complet de la centrale. 

Commençons par nous concentrer sur le retrait du combustible qui a fondu. Il y a 36 ans, du combustible nucléaire a fondu dans la centrale de Three Mile Island, aux États-Unis. Ils ont localisé le combustible usagé trois ans après l’accident et sont parvenus à l’extraire en onze ans parce que tout le combustible était concentré à l’intérieur de l’enceinte pressurisée du réacteur. A l’inverse, le combustible qui a fondu à Fukushima Dai-ichi a probablement percé les enceintes pressurisées et atteint le fond de l’enceinte de confinement. Cela rend le retrait du combustible bien plus complexe qu’à Three Mile Island. 

La méthode consistant à remplir l’enceinte d’eau, qui a été utilisée à la centrale de Three Mile Island, est la plus sûre pour éviter que des radiations fortes s’échappent. Mais les responsables de Tepco ont été contraints d’envisager une nouvelle approche qui ne requiert pas d’eau car ils n’ont pas été capables de localiser toutes les parties endommagées des enceintes de confinement. La nouvelle méthode envisagée désormais pourrait augmenter les risques d’exposition des ouvriers aux radiations. Elle pourrait également occasionner une dispersion de poussière radioactive, éventuellement même en dehors de la centrale. 

Tepco maintient son objectif de terminer le démantèlement de la centrale d’ici 30 à 40 ans, mais il n’existe aucun fondement précis pour ce calendrier. Chaque mois, plusieurs milliers de tonnes de déchets radioactifs s’accumulent à l’intérieur de la centrale. 

Même si cela prend beaucoup de temps, Tepco et le gouvernement devraient accorder la priorité à la sécurité et établir un système qui leur permet de procéder sans interruption au démantèlement. 

Radio Japon : 
C’était le commentateur vétéran de la NHK Noriyuki Mizuno qui détaillait pour nous les enjeux du démantèlement de la centrale nucléaire endommagée Fukushima Dai-ichi.


vendredi 12 juin 2015

Fukushima opérations reportées de 2 à 3 ans

Le gouvernement japonais a validé vendredi le nouveau calendrier des travaux à la centrale nucléaire accidentée acceptant un report du retrait du combustible usé des piscines.


Tokyo Electric Power (Tepco), qui a déjà extrait tout le combustible resté dans le bassin de désactivation du réacteur numéro 4, espérait commencer cette année la même intervention pour la tranche numéro 3. Mais selon le nouvel échéancier présenté au gouvernement et approuvé vendredi, cette tâche est remise à 2017 ou au début 2018.


Un report similaire affecte l'extraction du combustible de la piscine 1, qui ne pourra vraisemblablement débuter qu'en 2020/21 au lieu de 2017/18. Pour la piscine du réacteur numéro 2, la date est maintenue à 2020.

Les piscines des réacteurs 1 et 3 - détruits par la catastrophe de mars 2011 - contiennent chacune plus de 500 assemblages de combustible nucléaire usé. Mais avant de les récupérer, il faut évacuer tous les détritus qui se sont accumulés et installer des équipements spéciaux.

Niveaux exceptionnels de radioactivité

La tâche est d'autant moins aisée que règnent à proximité de ces réacteurs des niveaux exceptionnels de radioactivité, ce qui oblige à employer des équipements télécommandés.

Par ailleurs, Tepco espère commencer à récupérer en 2021 le combustible fondu du coeur d'un premier réacteur, soit dix ans après l'accident provoqué par le tsunami du 11 mars 2011 à Fukushima (nord-est du Japon).

Les moyens à mettre en oeuvre devraient être déterminés courant 2018, a précisé Tepco qui évalue toujours à 30-40 ans la durée nécessaire pour achever le démantèlement du site de Fukushima Daiichi.

Au total, sur les six tranches de la centrale, les coeurs de trois réacteurs (1 à 3) ont fondu et on ne sait pas exactement jusqu'où a coulé la matière nucléaire, ni comment la récupérer.

(afp)

lundi 1 juin 2015

Séisme de 7,8 au large du Japon, ressenti à Tokyo

Les bâtiments ont tremblé pendant une minute dans la capitale japonaise; pas d'alerte au tsunami

Une forte secousse a été ressentie samedi à Tokyo en raison d'un séisme de magnitude 7,8 à 874 kilomètres de la capitale japonaise, dans l'océan Pacifique, a rapporté l'Institut américain de géophysique (USGS).

Les bâtiments ont tremblé pendant environ une minute vers 20H30 (11H30 GMT), a constaté un journaliste de l'AFP. Le centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique a estimé que le séisme était de magnitude 8,5 et à 696 kilomètres de profondeur.

La chaîne de télévision publique NHK indique qu'il n'y a pas de dégâtset qu'il n'y a pas de risque de tsunami.

Le séisme s'est produit à une profondeur de 590 km au large des îles d'Ogasawara au sud de Tokyo.

La compagnie Tokyo Electric Power a indiqué qu'aucun dysfonctionnement n'avait été signalé sur le site de Fukushima en partie détruit par un tremblement de terre et un tsunami en mars 2011.

L'aéroport de Narita fonctionnait normalement mais la liaison ferroviaire à grande vitesse entre Tokyo et Osaka a été interrompue en raison d'une coupure de courant, précise NHK.

Un fort séisme avait secoué lundi après-midi la région de Tokyo, sans faire de dégâts ni de victimes, selon les autorités locales. Il avait atteint une magnitude de 5,6 selon l'agence de météorologie japonaise, et de 5,3 selon l'Institut américain de géophysique (USGS).

Le 11 mars 2011, un très violent séisme suivi d'un tsunami avait dévasté la région littorale du Tohoku (nord du Japon), faisant plus de 18 000 morts et provoquant la catastrophe nucléaire de Fukushima. Tous les réacteurs du Japon sont actuellement stoppés pour des mises en conformité aux nouvelles normes rendues plus sévères, avant une éventuelle remise en exploitation. Le Japon est situé à la jonction de quatre plaques tectoniques et enregistre chaque année environ 20 % des séismes les plus violents recensés sur la planète.

(AFP

vendredi 29 mai 2015

Le traitement des eaux contaminées du réacteur n°1

Mercredi, il a été annoncé par Tepco (Tôkyô Electric Power Co.) que le traitement des eaux contaminées du premier réacteur était terminé. 
Cela fait quatre ans depuis la catastrophe du 11 mars 2011 et le traitement de l’eau radioactive a été retardé en raison de problèmes avec les principales installations du traitement des eaux.
Tepco a donc annoncé le 27 mai dernier que 620 000 tonnes d’eau hautement radioactive ont été traités. De ce fait, le risque de fuites, et donc de pollution des sols environnants, à partir des réservoirs d’eau est maintenant extrêmement faible.
Selon Tepco, environ 440 000 tonnes d’eau ont été traitées à travers un système que l’on dit être capable d’éliminer 62 types différents de matières radioactives, à l’exception du tritium. Les 180 000 restantes ont été traitées par une autre installation capable d’éliminer le strontium.
On peut trouver différents types de matières radioactives dans les échantillons, comme l’iode, le tritium, le carbone, le deutérium, le protium et d’autres isotopes. C’est pourquoi les traitements des eaux et des autres déchets radioactifs sont longs et difficiles.
Cependant, malgré la fin annoncée du traitement, environ 300 tonnes d’eau contaminée sont toujours produites tous les jours dans un mélange des eaux souterraines et de celle déjà contaminée dans l’usine. Tepco prévoit « un mur de sol gelé » pour détourner les eaux souterraines directement dans l’océan avant qu’elles ne se mélange dans les bâtiments.

Sources: The Japan TimesThe Asahi Shimbun

mardi 19 mai 2015

Revendre une partie des gigantesques stocks d’uranium

L’électricien japonais Tepco, qui gère notamment le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, se préparerait à revendre une partie des gigantesques stocks d’uranium qu’il avait accumulés avant la catastrophe de 2011

Cherchant à redresser ses finances et à réorganiser son modèle économique, l’électricien japonais Tepco, qui gère notamment le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi, se préparerait à revendre une partie des gigantesques stocks d’uranium qu’il avait accumulés avant la catastrophe de 2011. L’agence de presse Kyodo, qui a eu accès à un document interne du groupe, révèle que Tepco pourrait récupérer plus de 100 millions de dollars de la vente de plusieurs tonnes d’uranium acquises dans les années 2000.

L’électricien disposerait actuellement d’une réserve de 17,570 tonnes d’uranium (tU), ce qui lui permettrait en théorie de faire fonctionner pendant dix ans sa gigantesque centrale de Kashiwazaki-Kariwa, mais il ne peut charger aucune de ses tranches puisque toutes les centrales nucléaires du pays sont à l’arrêt. Si le groupe, comme les autres électriciens, parie sur une relance progressive du nucléaire au Japon dans les prochains mois, il estime qu’il n’aura plus besoin de sécuriser les volumes d’uranium qu’il gérait avant la catastrophe de Fukushima. Selon Kyodo, le groupe risque aussi de remettre en cause les contrats d’approvisionnement en uranium négociés, dans le passé, avec les grands fournisseurs de la planète.

Namie cultiver du riz destiné à la commercialisation

Dans la ville de Namie, non loin de la centrale nucléaire de Fukushima, actuellement à l’arrêt, un projet a débuté lundi en vue de cultiver du riz destiné à la commercialisation.

A Namie, l’ordre d’évacuation adopté après l’accident nucléaire de mars 2011 est encore en vigueur.

Des plants de riz ont été mis en terre dans des rizières du district de Sakata, qui se trouve dans la zone d’évacuation. Une vingtaine de personnes, dont des exploitants locaux et le maire de Namie, Tamotsu Baba, ont participé à l’opération.

Les responsables municipaux annoncent qu’1,3 hectare de rizières seront plantées cette année. Si la radioactivité des récoltes demeure en dessous des niveaux autorisés, la ville, en collaboration avec une coopérative agricole, envisage de le commercialiser.

Les autorités municipales veulent obtenir du gouvernement la levée de l’ordre d’évacuation d’ici mars 2017.

Elles espèrent avec cette initiative que les agriculteurs locaux pourront d’ici cette date reprendre leurs récoltes, et que cela incitera les habitants à rentrer chez eux.

démontage du couvercle du bâtiment du réacteur numéro un

La Compagnie d’électricité de Tokyo, Tepco, a commencé ce vendredi à travailler au démontage du couvercle du bâtiment du réacteur numéro un. Il s’agit de la première étape à accomplir pour pouvoir retirer le combustible usé qui se trouve à l’intérieur de ce bâtiment et donc à terme démanteler le réacteur. Le retrait du couvercle a pris dix mois de retard sur le calendrier prévu. Pour notre commentaire du jour, Noriyuki Mizuno, commentateur vétéran de la NHK, nous explique les mesures de sécurité qui vont devoir être prises pour procéder au démontage de ce couvercle. Il commence par nous révéler pourquoi les travaux ont pris du retard. 

Noriyuki Mizuno :
Les agriculteurs de Fukushima étaient de plus en plus inquiets que l’opération de démontage du couvercle risquait de contaminer leurs récoltes. Tepco a donc d’abord dû les rassurer avant de pouvoir se lancer dans cette tâche. Le couvercle avait été installé après l’accident nucléaire de 2011 pour éviter la dissémination des poussières radioactives. Mais pour procéder au retrait du combustible usé qui se trouve dans le bâtiment, Tepco doit tout d’abord procéder au démontage du couvercle et nettoyer ensuite les débris qui jonchent le site. 

Lorsque l’opérateur a procédé au retrait des débris qui se trouvaient dans un autre bâtiment contenant un réacteur, des substances radioactives se sont échappées hors de l’installation. Du césium radioactif en quantité supérieure aux limites imposées par le gouvernement a été détecté dans du riz cultivé dans des rizières de la préfecture de Fukushima situées sous le vent de la centrale. Mais Tepco n’avait à l’époque pas suffisamment donné d’explications aux agriculteurs. Ils se sont donc inquiétés que le même phénomène se reproduise. 

Tout le riz cultivé à Fukushima est contrôlé pour y déceler des substances radioactives. Les livraisons ne sont acceptées que pour le riz dont le niveau de radioactivité est inférieur à la norme. Mais à chaque fois qu’un problème survient, les agriculteurs sont victimes de rumeurs sans fondement concernant leurs produits. Tepco soutient qu’il n’est pas prouvé que la contamination du riz a été provoquée par les travaux de démantèlement. Mais l’opérateur a néanmoins révisé ses mesures de prévention de la dispersion radioactive et son système de contrôle, reconnaissant qu’il ne faisait aucun doute que le césium découvert dans le riz provenait bien de la centrale accidentée. Les travaux de démontage du couvercle ont finalement commencé vendredi dernier au réacteur numéro un, une fois que Tepco a pu mettre un terme à cette révision. 

Radio Japon : 
Comment va-t-on procéder pour démonter le couvercle ?

Noriyuki Mizuno : 
Il y a un certain nombre de tâches à accomplir avant que les ouvriers puissent commencer à démonter le couvercle. Tout d’abord, des produits chimiques spéciaux vont être répandus par un petit trou creusé dans un panneau du toit, ceci afin de solidifier la poussière. Ensuite, les ouvriers vont retirer le panneau, pour vérifier que le vent ne disperse pas de substances radioactives. Une fois qu’ils seront certains que ces substances ne se disséminent pas, ils vont répéter le processus panneau par panneau. Tepco se montre extrêmement prudent. Il va installer des appareils à l’intérieur du bâtiment du réacteur pour bien répartir les produits chimiques. Cela va prendre jusqu’à deux ans pour démonter la totalité du couvercle. Selon l’opérateur, ces efforts devraient significativement réduire les risques de dissémination des substances radioactives hors du bâtiment. De plus, Tepco a annoncé qu’il allait publier sur son site web le calendrier de travail. Il va également installer des équipements de mesure chargés d’émettre un avertissement sonore en cas de niveaux de radiation à risque, et le seuil qui déclenchera cette alerte va être abaissé. La firme a promis qu’en cas d’alerte, elle informera sans délai les autorités locales. Mais lorsque de l’eau de pluie contaminée s’est écoulée dans la mer en février de cette année, Tepco n’a pas respecté la consigne de publier des informations sur les niveaux de radiation atteints. Cela a provoqué une nouvelle crise de confiance de la part de l’opinion publique. Je pense que cette fois-ci, Tepco devrait informer les autorités locales immédiatement à chaque fois qu’il détectera quelque chose d’anormal, même si la situation n’est pas suffisamment grave pour donner l’alerte. 
Les dirigeants de Tepco devraient contrôler le processus de démontage en se mettant à la place des cultivateurs et des résidents locaux, et publier les informations en conséquence. 

RJ : 
C’était Noriyuki Mizuno, commentateur vétéran de la NHK, qui nous a expliqué comment allait être démonté le couvercle du bâtiment abritant le réacteur numéro un à la centrale nucléaire accidentée Fukushima Dai-ichi.


mardi 12 mai 2015

Retour à Fukushima

Sur le chantier pharaonique du démantèlement, 
les hommes de Tokyo Electric commencent 
enfin à envisager l’avenir

Une région très animée 

On a rarement vu une « région-fantôme » plus encombrée que les alentours de la centrale Dai-Ichi de Fukushima. Le no man’s land subitement apparu au lendemain de la catastrophe nucléaire le 11 mars 2011 est l’endroit le plus frénétique du Japon. Certes, la centrale est toujours ceinte d’une zone interdite de trente kilomètres de diamètre dans laquelle on peut « se déplacer, mais pas rester dormir », comme le précise Tatsuhiro Yamagishi, porte-parole de Tokyo Electric, l’opérateur de la centrale. Mais dès la lisière de ce périmètre maudit, tous les hôtels de la région affichent complet. Des milliers d’ouvriers, d’ingénieurs et de cadres d’entreprises du génie civil nippon font la navette entre leur chambre et le chantier pharaonique du démantèlement. Le nettoyage et la reconstruction des alentours a déjà vidé le pays de sa main d’œuvre (le Japon compte aujourd’hui 4 offres pour 1 demande d’emploi dans le secteur du bâtiment). Une tâche de Sisyphe, absurde, puisque la région se vidait de ses habitants avant la catastrophe. Et que la centrale ne produira plus jamais d’électricité. « Il y a des routes que nous avons décontaminées, qui ont été recontaminées par les pluies, et que nous devons redécontaminer...», égrène Tatsuhiro Yamagishi avec une certaine lassitude.
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Un champ de bataille

Le site de la centrale est aussi déroutant qu’un gigantesque champ de bataille, parcouru par des centaines d’hommes masqués, en combinaison intégrale. Ils étaient 4000 travailleurs il y a six mois. Ils sont aujourd’hui près de 7000. Il règne pourtant une fragile sérénité sur le site. « Nous sommes enfin sortis de l’urgence. Je ne peux pas dire que je suis devenu optimiste. En revanche, pour la première fois depuis trois ans, nous pouvons envisager l’avenir », assure Akira Ono (photo), le responsable de la centrale. Un homme discret, à l’uniforme de la même couleur de muraille que ses employés. La raison de son calme : les Japonais ont peut-être enfin trouvé une solution pérenne de décontamination de l’eau de refroidissement des réacteurs endommagés. Chaque jour, ces derniers reçoivent en effet 400 tonnes d’eau, qui deviennent radioactives au passage et dont une partie fuit dans le sol et la mer. L’essentiel de cette eau est stockée dans des réservoirs. « Un réservoir peut stocker 1000 tonnes d’eau, ce qui veut dire que nous devons installer un réservoir tous les deux jours et demi », explique Shunichi Kawamura, en charge de la gestion des risques. Le site aligne aujourd’hui près de 1000 réservoirs, pour 500.000 tonnes d’eau contaminée. Mais après des mois de tâtonnements, Tepco semble avoir mis au point une structure intègre de traitement de cette eau. Cette dernière, baptisée ALPS 3, est en phase de test. ALPS 3 retirera 62 des 63 nucléides nocives que contient l’eau contaminée. Dans le même temps, Tepco met en place un « mur de glace » souterrain qui doit « geler » les fuites d’eau contaminée des réacteurs.

40 ans de travaux


La résolution de ce problème permettra de se concentrer sur le gros œuvre. Les ouvriers ont déjà retiré les 1331 barres de combustible nucléaire endommagées du réacteur 4 qui menaçaient d’une nouvelle contamination. Mais ça n’est qu’un début : le démantèlement des six réacteurs du site, notamment trois dont le cœur a fondu après la catastrophe du 11 mars, prendra quarante ans. Au moins. Les robots qui iront nettoyer les réacteurs 1,2 et 3 (à partir de 2025) au mépris de la radioactivité restent à inventer. « Nous ne savons pas où se trouve le combustible endommagé dans ces réacteurs », avoue Akira Ono. Le démantèlement de Fukushima devrait coûter 10.000 milliards de yens (69 milliards d’euros). L’accident a gelé, peut-être à jamais, les mises en chantier de nouvelles centrales. Il a réorienté la politique énergétique du pays vers davantage de renouvelable. « Fukushima a sans doute accéléré le mouvement de concentration entre les opérateurs d’électricité régionaux. Avoir tant d’opérateurs au Japon n’a plus aucun sens économique », estime un industriel du secteur.

dimanche 19 avril 2015

UNE DOSE MORTELLE EN UNE Heure


 UNE DOSE MORTELLE EN UNE HEURE

Un robot en forme de serpent a été introduit vendredi 10 avril dans le réacteur présentant le plus fort taux de radioactivité, le réacteur n° 1. Il a pu transmettre des images et des données à Tepco, avant de cesser toute activité. L’équipe a eu la confirmation que la radioactivité s’élève à cet endroit de 6 à 9,7 sievert par heure, une dose qui provoquerait la mort d’un humain en moins d’une heure.

La contamination de l’eau est une question suivie avec attention par les scientifiques, car elle menace une zone gigantesque. Ainsi, en février 2015, du césium en provenance de Fukushima a été détecté sur les côtes canadiennes.

UNE MISSION DE LONG TERME

L’AIEA publiera un rapport sur la situation dans la centrale. Un parmi ceux qui vont s’imposer durant une très longue période. En effet, le démantèlement des quatre réacteurs les plus endommagés de la centrale Fukushima Daiichi prendra trois à quatre décennies.

 À lire : Nucléaire : le Japon se lance dans une série de démantèlements précipités par Fukushima 

Pour autant, le Japon n’envisage pas de sortie du nucléaire. Yukiya Amano, directeur général de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a également assuré que l’énergie nucléaire restait indispensable au pays. « Malgré l’accident de Fukushima Dai-ichi, elle continue à jouer un rôle important dans le mix énergétique mondial », a-t-il argué.

samedi 28 mars 2015

Tepco reporte un projet

La Compagnie d’électricité de Tokyo reporte un projet, visant à empêcher les eaux souterraines de pénétrer dans la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi. Tepco tente de réduire l’accumulation d’eau contaminée sur le site.

L’entreprise prévoyait de geler le sol autour des bâtiments du réacteur endommagé afin de créer un mur de glace souterrain d’un kilomètre et demi de longueur. 

Le travail devait commencer ce mois-ci, mais il avait été repoussé d’un mois suite à la mort accidentelle de travailleurs en janvier.

Il était prévu de commencer à geler le sol dans un secteur, entre la centrale et une colline.

Mais Tepco précise ne pas encore avoir demandé au régulateur du nucléaire la permission de geler un autre secteur, entre la centrale et la mer. Il n’est pas clair quand le mur gelé pourra être terminé. 

L’accumulation d’eau radioactive constitue un autre problème auquel la compagnie est confrontée. Tepco souhaite traiter 600 000 tonnes d’eau contaminée d’ici la fin du mois de mai. Mais elle indique que 20 000 tonnes, dont une bonne partie d’eau de mer, ne pourront pas être traitées avant cette date.



mercredi 18 mars 2015

Nucléaire: le Japon se lance dans une série de démantèlements précipités par Fukushima


Privé depuis des mois d'énergie nucléaire, le Japon se lance dans le démantèlement d'installations atomiques, précipité par le désastre de mars 2011 qui a déjà condamné les six réacteurs de la centrale accidentée Fukushima Daiichi.

Le porte-parole du gouvernement japonais a déclaré que les compagnies d’électricité pourraient avoir décidé de ne pas remettre certains réacteurs en route en raison de la politique nippone de diminuer la dépendance de l’Archipel à l’énergie nucléaire.

Le secrétaire général du gouvernement Yoshihide Suga a répondu aux questions des journalistes mardi après que deux opérateurs ont annoncé le démantèlement de trois réacteurs vieillissants.
 
M. Suga a indiqué que le gouvernement souhaite créer une société économe en énergie et utiliser autant que possible des énergies renouvelables.
 
En ce qui concerne les déchets radioactifs qui seront générés par les réacteurs démantelés, il a précisé que la responsabilité en revenait aux opérateurs des centrales, précisant que c’est à elles de décider des sites de stockage.


Le ministre japonais responsable des centrales nucléaires s’attend à ce que les opérateurs jouent un rôle central dans l’élimination des déchets nucléaires résultant du démantèlement des centrales nucléaires.

S’adressant aux journalistes mardi, le ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, Yoichi Miyazawa, a aussi exprimé l’espoir que les opérateurs travailleront à sécuriser les sites de stockage nécessaires. 

Le démantèlement d’un petit réacteur générerait environ de 2680 à 6340 tonnes d’équipements contaminés. 

Toutefois, pour le moment, il n’existe pas de site d’entreposage pouvant accueillir ce type de déchets.

Mardi, la compagnie d'électricité Kansai Electric Power, qui alimente une partie de l'ouest de l'archipel, a opté pour la démolition de deux de ses réacteurs trop vieux et dont la prorogation de durée de vie, en théorie possible, serait trop coûteuse

Kansai Electric prévoit de déconstruire les unités Mihama 1 et 2 respectivement mises en exploitation en 1970 et 1972 dans la région de Fukui (ouest) où se trouvent plusieurs centrales atomiques.

La société Japan Atomic Power Company a aussi décidé mardi le démantèlement de Tsuruga 1 (datant de 1970), également dans l'ouest.

Deux autres compagnies régionales, Chubu Electric Power et Kyushu Electric Power, pourraient sous peu annoncer des résolutions similaires pour leurs unités respectives Shimane 1 (1974) et Genkai 1 (1975).

- Une première depuis Fukushima -

C'est la première fois qu'une telle décision est prise depuis l'accident de Fukushima qui entraîne de facto le démantèlement de toutes les tranches du complexe exploité par Tokyo Electric Power (Tepco) dans le nord-ouest de l'archipel.

Le ministre japonais de l'Industrie, Yoichi Miyazawa, a déclaré mardi étudier des dispositions particulières pour aider les localités qui hébergent les réacteurs concernés par ces décisions.

"En tant que pionnier dans le développement de moyens de démantèlement des réacteurs à eau pressurisée (PWR), nous poursuivons les recherches avec le concours des entreprises, universités et centres de recherches de la région", a souligné Kansai Electric.

Depuis le drame de Fukushima provoqué par un tsunami en mars 2011, les réacteurs nucléaires au Japon ne doivent pas fonctionner plus de quatre décennies. Mais, moyennant des contrôles poussés et modifications techniques, ils peuvent en théorie obtenir une dérogation pour 20 ans supplémentaires.

Le gouvernement a demandé l'an passé à tous les producteurs d'électricité du pays de déclarer rapidement leurs intentions au sujet des installations atteignant la limite d'âge, à savoir grosso modo les unités lancées dans les années 1970, au nombre d'une douzaine en plus des six de Fukushima Daiichi.

Tous doivent faire de savants calculs pour comparer les différentes options (démantèlement, travaux de mise en conformité...) en fonction des avantages et inconvénients matériels et financiers qu'il y a à faire tourner ou non chacun de leurs réacteurs.

Pour les cinq, dont le démantèlement est décidé ou en voie de l'être, le coût d'une éventuelle prolongation serait trop élevé au regard de leurs capacités, car il s'agit de modèles de faible puissance (moins de 600 mégawatts pour chaque). 

A l'inverse, trois autres tranches, d'un âge voisin, Takahama 1 et 2 et Mihama 3, pourraient bénéficier d'un prolongement d'activité. C'est le souhait de Kansai Electric qui devrait déposer une demande en ce sens mardi après-midi auprès de l'autorité de régulation nucléaire.

- Priorité au redémarrage -

Actuellement, les 48 réacteurs de l'archipel (sans compter les 6 condamnés de Fukushima-Daiichi) sont arrêtés. Si tous étaient définitivement stoppés au bout de 40 ans, la capacité potentielle nucléaire de l'archipel chuterait à 15% de l'électricité produite à horizon 2030, selon les calculs des organismes spécialisés, soit deux fois moins qu'avant le sinistre de mars 2011.

D'où la volonté de proroger l'usage des plus puissants à défaut d'en construire de nouveaux.

Dans l'immédiat, la priorité du gouvernement de Shinzo Abe est le redémarrage des réacteurs jugés sûrs.

Deux, Sendai 1 et 2 (sud-ouest), qui ont obtenu un feu vert relatif à leur sûreté de la part de l'Autorité de régulation et l'accord indispensable des autorités locales, sont censés reprendre du service dans l'année.

Deux autres, Takahama 3 et 4, exploités par Kansai Electric, ont reçu l'imprimatur technique de l'autorité, mais il leur manque encore l'approbation politique des élus de la région.

Si, selon tous les sondages, la majorité des citoyens japonais sont opposés à l'énergie nucléaire, la mobilisation contre leur relance s'est notablement affaiblie après un pic atteint dans les mois suivant le désastre de Fukushima, au grand dam des organisations écologiques.




vendredi 13 mars 2015

Accident nucléaire de FUKUSHIMA Daiichi Point de la situation en mars 2015 IRSN

Mars 2015

Accident nucléaire de FUKUSHIMA Daiichi

Point de la situation en mars 2015

Ce document est basé sur les informations rendues publiques sur la situation de la centrale de Fukushima Daiichi.

I. Rappel des faits1 et état général des installations suite à l’accident

Le séisme de magnitude 9, survenu le 11 mars 2011 à 80 km à l’est de l’île de Honshu au Japon, et le tsunami qui s’en est suivi ont affecté gravement le territoire japonais dans la région de Tohoku, avec des conséquences majeures pour les populations et les infrastructures.
En dévastant le site de la centrale de Fukushima Daiichi, ces événements naturels ont été à l’origine de la fusion des coeurs de trois réacteurs2 nucléaires et de la perte de refroidissement de plusieurs piscines d’entreposage de combustibles usés.
Des explosions sont également survenues dans les bâtiments des réacteurs 1 à 4 du fait de la production d’hydrogène lors de la dégradation des combustibles des coeurs. Des matériaux sont tombés dans les piscines des réacteurs 1, 3 et 4 à la suite de ces explosions, ce qui complique l’extraction des assemblages de combustible présents.
Des rejets très importants dans l’environnement ont eu lieu à partir du 12 mars 2011 et de manière plus modérée mais persistante pendant plusieurs semaines. L’accident a été classé au niveau 7 de l’échelle INES.
L’inondation du site a également généré une accumulation d’eau dans les sous-sols des bâtiments de la centrale.

II. Actions de maîtrise des installations

TEPCO a fait état, fin 2011, de l’atteinte d’une situation d’« arrêt à froid », terme impropre eu égard à l’état des réacteurs, traduisant essentiellement le maintien de l’eau dans les réacteurs à une température inférieure à 100 °C. Ceci permet d’éviter la vaporisation de l’eau pour limiter les rejets à l’environnement par les fuites du confinement.
Les réacteurs 1, 2 et 3 sont désormais maintenus à une température comprise entre 20 et 50 °C par injection permanente d’eau douce (débit de l’ordre de 5 m3/h par réacteur). Cette eau circule dans la cuve, l’enceinte de confinement et le tore et refroidit le combustible nucléaire dégradé. Elle se charge en radioactivité, en entraînant notamment les éléments les plus mobilisables contenus dans le corium. A cet égard, si l’uranium et les transuraniens sont très peu solubles, certains produits de fission ou d’activation sont plus facilement dispersables dans l’eau (césium, strontium, antimoine, tritium…). L’eau injectée, après s’être chargée en radioactivité, s’écoule ensuite dans les sous-sols des bâtiments où elle se mélange aux infiltrations d’eaux souterraines. TEPCO fait ainsi état d’une activité de l’ordre de quelques GBq/m3 à dizaines de GBq/m3 en césium pour l’eau accumulée dans les sous-sols des bâtiments. Cette eau est reprise pour être traitée et partiellement réutilisée pour assurer le refroidissement des réacteurs.
1 Pour plus d’informations, voir le site IRSN : http://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/Les-accidents-nucleaires/accident-fukushima-2011/Pages/sommaire.aspx
2 Le réacteur 4 est déchargé et les réacteurs 5 et 6 sont en situation d’arrêt sûr – Visiter le site IRSN pour plus d’informations sur le déroulement de l’accident : http://www.irsn.fr/FR/popup/Pages/analyse-IRSN-accident-Fukushima.aspx

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Par ailleurs, une injection d’azote est effectuée en tant que de besoin dans les enceintes de confinement et les cuves des réacteurs 1 à 3 pour maintenir leur inertage et éviter ainsi tout risque de combustion d’hydrogène.

Source TEPCO – Schéma de principe du refroidissement des réacteurs
Les piscines d’entreposage d’éléments combustibles sont refroidies en circuit fermé ; les températures dans les piscines sont inférieures à 30 °C.

Source TEPCO – Schéma de principe du refroidissement des piscines 1 à 4
Afin de stabiliser la situation des installations, TEPCO a mis en oeuvre des moyens redondants et des secours électriques pour maintenir le refroidissement des installations et assurer l’inertage à l’azote des enceintes de confinement et des cuves des réacteurs. De plus, certains matériels sont installés dans des zones surélevées et une protection anti-tsunami a été mise en place en bordure de site. Enfin, une surveillance des paramètres essentiels est assurée (température d’eau, teneur en hydrogène dans les enceintes, niveaux d’eau…).

Des événements surviennent toujours au fil du temps : variations de débit d’injection d’eau, indisponibilités ou dérives de moyens de mesure de température, fuites de circuits d’eau, pertes temporaires du refroidissement de piscines, déclenchement d’alimentations électriques, de l’injection d’azote d’inertage ou de retransmission d’informations permettant le suivi en temps réel des installations, départs d’incendie, découverte de corps étrangers dans des circuits, chute de débris lors de travaux de démontage… Ces événements, dont la fréquence diminue progressivement, n’ont pas mis en évidence d’évolution significative de la situation des installations et donne lieu à des mesures d’amélioration. Par ailleurs, la chaleur résiduelle3 encore présente dans les coeurs et les piscines d’entreposage a notablement décru depuis l’accident.
TEPCO dispose désormais de délais importants pour intervenir en cas d’une éventuelle indisponibilité des moyens de refroidissement.
3 La chaleur résiduelle est la chaleur que continue à émettre du combustible nucléaire malgré l’arrêt de la réaction en chaîne. Elle est issue de la décroissance des éléments radioactifs.

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TEPCO réalise également des investigations et des contrôles spécifiques dans les installations. Il souhaite ainsi définir au mieux son plan d’actions en vue de la reprise des combustibles et du démantèlement.

L’IRSN relève l’importance des moyens déployés par TEPCO pour la maîtrise des installations, dans un contexte toujours difficile lié à une connaissance encore limitée de l’état des installations, à une accessibilité réduite dans les bâtiments accidentés, à des conditions d’interventions contraignantes et au niveau de fiabilité de certains moyens mis en oeuvre.

L’IRSN souligne que des événements, certes le plus souvent sans conséquence technique notable, surviennent rappelant que, eu égard au temps nécessaire au démantèlement des installations, ces actions de maîtrise des installations doivent s’inscrire dans la durée et nécessitent une grande vigilance de la part de TEPCO.

En outre, les eaux contenues dans les sous-sols des bâtiments étant radioactives et les volumes ajoutés journellement étant très importants, leur traitement et leur entreposage sont apparus, dès les premières semaines qui ont suivi l’accident, comme des enjeux importants de la reprise du contrôle des installations afin de limiter les rejets dans l’environnement.

III. Actions de maîtrise des rejets


De manière générale, compte tenu des dégradations très importantes subies par les barrières de confinement des matières radioactives, des rejets diffus se poursuivent dans l’atmosphère, de même que dans le sol et donc les eaux souterraines. Par ailleurs, comme indiqué précédemment, des fuites sont encore constatées sur les installations mises en place à la suite de l’accident (circuits de refroidissement et de traitement des eaux).
TEPCO poursuit ses actions en vue de maîtriser ces rejets, notamment, en regard des rejets gazeux, en recouvrant les bâtiments des réacteurs et en maîtrisant la pression dans les enceintes de confinement.

Ainsi, une structure a été construite entre janvier et juillet 2013 pour recouvrir le bâtiment du réacteur 4 et permettre l’évacuation des combustibles de la piscine d’entreposage. Celle du bâtiment du réacteur 1 était en place dès octobre 2011. Son retrait va toutefois être nécessaire pour évacuer les débris en vue de la poursuite des travaux de démantèlement. A l’issue, une nouvelle structure sera mise en place. Fin octobre 2014, après aspersion préalable d’agents anti-dispersants dans le bâtiment, TEPCO a ainsi procédé au retrait de deux panneaux de la structure actuelle afin de s’assurer que cela ne conduisait pas à une augmentation notable des rejets. Ces panneaux ont ensuite été reposés, la dépose complète de la structure étant programmée en 2015. Enfin, les travaux de couverture du bâtiment du réacteur 3, le plus dégradé par les explosions, sont en cours.
TEPCO met également en oeuvre des actions de surveillance et de gestion de la pollution des eaux souterraines.

Pour éviter que les eaux souterraines polluées parviennent dans l’océan, TEPCO a ainsi mis en place un écran d’étanchéité côté océan et des pompages d’eau de nappe entre les stations de pompage des différents réacteurs.
Ces dispositifs locaux ont été complétés par une barrière d’étanchéité (« mur ») en bordure d’océan, d’environ 900 m de long, afin d’intercepter les écoulements souterrains en aval de l’ensemble du site. Les travaux, programmés dès 2012 et initiés en avril 2013, sont quasiment terminés.

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Source TEPCO : écrans et « mur » d’étanchéité côté port
Les dispositions prises par TEPCO apparaissent de nature à limiter les relâchements vers l’océan, voire à les empêcher si elles sont totalement efficaces. Toutefois, les pompages de nappe associés conduisent à augmenter les flux d’effluents à gérer.

IV. La gestion des eaux

Comme indiqué précédemment, l’eau de refroidissement des réacteurs (environ 350 m3/jour) se charge en radioactivité et s’écoule dans les sous-sols des bâtiments où elle se mélange aux infiltrations d’eaux souterraines (environ 400 m3/jour). TEPCO doit donc traiter ces eaux puis en entreposer des volumes sans cesse croissants.

TEPCO a mis en oeuvre plusieurs procédés de retrait des radionucléides dans des délais courts : trois dispositifs étaient opérationnels quelques mois après l’accident de mars 2011. L’un d’eux n’est plus utilisé car il générait un important volume de boues radioactives. Les deux dispositifs restants ne permettent qu’un retrait partiel des radionucléides contenus dans les eaux traitées (essentiellement le césium).

TEPCO a ensuite lancé le développement d’un système permettant un traitement plus complet qu’il dénomme « multi-nuclides removal equipment » ou « advanced liquid processing system » (ALPS). Ce système est composé de trois sous-systèmes d’une capacité unitaire de traitement de 250 m3/jour. Les essais en configuration réelle se sont déroulés au cours du deuxième trimestre 2013 et ont montré une grande efficacité de décontamination du système pour tous les radionucléides présents dans les eaux, sauf le tritium. En effet, il n’existe pas à ce jour de moyen industriel capable d’extraire le tritium de l’eau. L’ALPS a cependant rencontré divers problèmes, dont le plus important a été la corrosion de composants. Les différents sous-systèmes ont été arrêtés, les défauts ont été traités et des mesures préventives contre la corrosion ont été mises en oeuvre. En juillet 2014, l’ensemble de l’ALPS était en service, même si TEPCO soulignait que des améliorations restaient nécessaires.
Par ailleurs, ces derniers mois ont vu le déploiement d’importants moyens complémentaires de traitement des eaux.

En octobre 2014, les essais à pleine échelle d’un second ALPS étaient lancés. Un ALPS « haute performance » a également été installé. S’il dispose d’un débit de traitement moindre (500 m3/jour), il génère 20 fois moins de déchets.

Depuis cette date, la capacité de traitement de l’ensemble des systèmes ALPS en fonctionnement nominal représente 2 000 m3/jour. En janvier 2015, ces systèmes ne fonctionnant pas tous à plein régime en permanence, ils traitaient en moyenne 1300 m3 d’eau par jour. Ainsi, le volume entreposé d’eau contaminée n’ayant pas subi de traitement par ces systèmes baisse régulièrement : il est désormais bien inférieur à 300 000 m3 alors que le volume entreposé d’eau traitée par un des systèmes ALPS est d’environ 300 000 m3.
C’est aussi en octobre 2014 qu’un système mobile dédié au retrait du strontium (Kurion Mobile Processing System - KMPS) a démarré.

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L’objectif visé par TEPCO en déployant l’ensemble de ces systèmes est, à terme, de n’entreposer que de l’eau ayant fait l’objet d’un traitement complet et donc ne contenant quasiment plus que du tritium. Selon TEPCO, cet objectif sera atteint en mai 2015.

La figure ci-dessous donne une vision synthétique de l’ensemble de la chaîne de traitement des eaux provenant des locaux des réacteurs de Fukushima Daiichi après mise en service de l’ensemble des systèmes.

Source TEPCO – Schéma général du cheminement des eaux accumulées à Fukushima Daiichi
Le traitement des eaux n’est qu’une première étape de la gestion des eaux accumulées sur le site. En effet, après traitement, il sera nécessaire à TEPCO d’obtenir des autorisations pour le rejet des eaux traitées, contenant encore une radioactivité résiduelle4.

Dans l’attente, TEPCO doit entreposer des volumes d’eau sans cesse croissants (environ 600 000 m3 à ce jour). La capacité d’entreposage est aujourd’hui proche de 800 000 m3.
TEPCO a mis en oeuvre des entreposages de tous types : plus de 300 réservoirs verticaux à assemblages par brides, plus de 300 réservoirs horizontaux soudés, plus de 200 réservoirs cubiques soudés, 7 réservoirs enterrés…
Source TEPCO – 1/réservoirs cubiques soudés – 2/réservoirs verticaux à assemblages par brides boulonnées et réservoirs horizontaux soudés – 3/réservoirs verticaux soudés - 4/réservoirs enterrés
4 Ces niveaux doivent encore être définis par le régulateur.

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TEPCO a rencontré de nombreux problèmes d’étanchéité, d’importance variable, sur les équipements d’entreposage des eaux radioactives. Les plus marquants ont concerné les réservoirs enterrés et les réservoirs verticaux à assemblage par brides. Ils ont conduit à des pollutions localisées des sols. Les nouveaux réservoirs installés sont désormais des réservoirs soudés, notamment des réservoirs soudés en usine qui sont livrés à TEPCO depuis avril 2014.

De façon générale, il convient de souligner que de nombreuses améliorations des moyens d’entreposage d’eau contaminée et de leur suivi ont été réalisées par TEPCO en tirant les enseignements des différents événements rencontrés.

En outre, certaines galeries enterrées contiennent de l’eau fortement contaminée (11 000 m3 d’eau n’ayant subi aucun traitement). Cet « entreposage » particulier n’est évidemment pas pérenne et TEPCO souhaite pomper cette eau pour la traiter. Les galeries doivent préalablement être isolées de toute arrivée d’eau. Le gel d’une partie de l’eau contenue dans les galeries, moyen initialement retenu par TEPCO, n’a pas donné satisfaction en 2014.

Au-delà de l’amélioration des capacités de traitement et d’entreposage, TEPCO souhaite aussi diminuer le volume d’eau à gérer en diminuant les infiltrations d’eaux souterraines dans les bâtiments.

Afin d’abaisser le niveau de nappe autour des bâtiments, TEPCO a ainsi mis en oeuvre un premier dispositif dit « groundwater bypass » qui pompe les eaux souterraines sur la colline en amont des bâtiments nucléaires et la rejette après contrôle. Les premiers rejets ont eu lieu en mai 2014 après obtention des autorisations, mais aussi de l’accord des associations de pêcheurs.
Par ailleurs, une solution permettant de confiner la nappe autour des bâtiments nucléaires consiste à ceinturer complètement les bâtiments à l’aide d’un écran étanche, par congélation des terrains jusqu’à une trentaine de mètres de profondeur. Dans ces conditions, il serait possible d’arrêter les infiltrations d’eaux souterraines en pompant dans les drains autour des bâtiments. Les travaux ont été lancés en mai 2014 par le forage des terrains en vue de l’implantation des tuyauteries de réfrigération. Le dispositif pourrait être opérationnel en 2015. Des essais des dispositifs de pompage sont également en cours.

Ce dispositif doit être conçu pour permettre d’arrêter les infiltrations d’eaux souterraines dans les bâtiments nucléaires, tout en évitant que les actuels points d’infiltration (fissures, jonctions défaillantes…) ne deviennent par la suite des zones de fuite des eaux radioactives contenues dans les bâtiments vers les eaux souterraines. A cet égard, l’IRSN souligne l’importance à apporter à la conception et à la gestion de ce dispositif en vue notamment de maîtriser la baisse conjointe du niveau de la nappe et du niveau des eaux radioactives dans les bâtiments pour éviter une fuite des eaux des bâtiments vers la nappe.

Source TEPCO – Projet de gel des sols
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L’entreposage des eaux reste un sujet particulièrement prégnant pour TEPCO dans la mesure où il doit simultanément augmenter ses capacités d’entreposage à un rythme élevé et en améliorer la qualité ainsi que le suivi. La robustesse des entreposages, y compris ceux représentés par les bâtiments et les galeries techniques enterrées, et leur gestion sont un point crucial pour la maîtrise de la pollution de l’environnement, compte tenu des volumes d’eau présents et de la radioactivité contenue. Ce sujet restera un enjeu majeur tant que TEPCO n’aura pas traité plus complétement les eaux radioactives et ne les aura pas rejetées.

En outre, l’IRSN souligne que, nonobstant les difficultés d’entreposage des eaux accumulées, leur traitement génère des déchets dont la gestion constitue un enjeu d’importance, à la fois en termes d’entreposage pérenne sûr et de conditionnement ultérieur. TEPCO a d’ores et déjà défini des actions en ce sens.

V. Plan de reprise de contrôle des installations

Les premières phases de reprise de contrôle de l’installation sont réalisées dans la mesure où, d’une part le refroidissement des réacteurs et des piscines est assuré, avec le maintien d’une température basse de l’eau dans les installations, d’autre part les rejets résiduels sont à des niveaux très faibles. Les actions de nettoyage du site se poursuivent, notamment pour permettre les travaux futurs.
L’année 2014 a vu l’aboutissement d’une étape majeure dans la reprise du contrôle des installations : le retrait des assemblages de combustible de la piscine du réacteur 4, la plus chargée en combustibles. Débuté en novembre 2013, ce retrait s’est achevé le 22 décembre 2014 dans le respect de la planification prévue et sans rencontrer de difficultés majeures.

Le plan d’actions prévoit 3 étapes :

- la première étape vise à débuter le retrait des assemblages de combustible présents dans les piscines des autres réacteurs. La reprise du combustible de la piscine du réacteur 3 devrait débuter en 2015, tandis que celle du réacteur 2 est programmé à partir 2017 et celle du réacteur 1 à partir de 2019 ;

- la deuxième étape prévoit d’engager le retrait des combustibles dégradés des réacteurs 1 à 3. Un vaste programme de recherche a été initié à cet effet. Il vise à développer des moyens d’investigation complémentaires à ceux déjà mis en oeuvre afin de connaître plus précisément l’état des installations, puis à identifier et concevoir les moyens nécessaires. Le retrait devrait commencer au début des années 2020 par les réacteurs 2 et 3 et vers 2025 pour le réacteur 1, l’échéancier restant très dépendant de celui du programme de recherche et des connaissances acquises sur l’état des installations ;

- la dernière qui conduira au démantèlement complet des installations, avec un objectif de 30 à 40 ans.

En décembre 2013, TEPCO a pris la décision de démanteler également les réacteurs 5 et 6 du site dont la remise en service était initialement prévue après mise en oeuvre d’un programme d’amélioration qui restait à établir. Il profitera de ces opérations de démantèlement pour se préparer à celles des réacteurs accidentés.

L’IRSN souligne que les délais annoncés sont à considérer comme des ordres de grandeur et que d’importantes opérations de caractérisation approfondie de l’état des installations ainsi que des travaux de recherche sont encore à réaliser. L’IRSN relève toutefois l’importance des moyens mis en oeuvre par TEPCO pour tenir l’échéancier annoncé. TEPCO ajuste régulièrement son échéancier en fonction des enseignements de ses investigations dans les installations et de l’avancement des travaux, mais, à ce jour, l’avancement apparaît en ligne avec l’échéancier global rappelé ci-dessus.